Patrick Vajda

« C’est avec grand plaisir que je prends la plume dans le cadre de cette manifestation qui verra le « Manneken-Pis » en apôtre du Fair-Play et de l’arbitrage sportif.

 

Un grand merci au Panathlon Wallonie-Bruxelles d’avoir pris l’initiative de créer ce mois du Fair-Play et d’avoir mis les arbitres et juges sportifs à l’honneur. Les trois piliers des activités du Panathlon Wallonie-Bruxelles, le Sport, l’Éducation et la Citoyenneté représentent l’essence même de la définition de l’arbitrage sportif.

 

Les arbitres et juges sont des femmes et ces hommes qui dans leur très grande majorité (plus de 98%) sont des bénévoles (ils vont même souvent au-delà du bénévolat puisque leur passion leur coute très chère en terme de jour de congé et de manque à gagner), qui agissent par Amour de leur discipline et qui tente, par l’arbitrage, de rendre au sport ce que celui-ci leur a apporté.

 

Mais ces passionnés sont aussi, au même titre que les athlètes, des acteurs de la compétition sportive ; car il n’y a que deux catégories d’intervenants qui par leur absence empêchent le déroulement d’une épreuve sportive : les athlètes et les arbitres (ou juges). Ces acteurs passionnés ont un rôle fondamental qui est de garantir le respect des règles, la sécurité des athlètes, et bien entendu le Fair-Play.

 

De la même manière qu’un joueur de football peut « vendanger » un penalty, un arbitre peut se tromper, ce n’est qu’un Humain, comme le joueur, et ne dit-on pas que l’erreur est humaine ! Il est surprenant que cet adage accepté par tous l’est moins dans le sport et pas du tout pour l’arbitrage sportif…..L’arbitre est le seul acteur de la compétition sportive à subir  des actes graves d’anti Fair-Play sans pouvoir s’exprimer en retour. 

 

Mais les arbitres et juges sportifs sont aussi et de plus en plus souvent le premier contact de l’enfant (parfois le tout petit enfant) avec le règle ; il est, en effet, fréquent que, pour la première fois,  l’enfant va s’entendre dire « non » par un adulte, au nom d’une règle écrite qu’il faudra faire enregistrer et surtout faire comprendre à ce jeune pratiquant : c’est aussi cela l’arbitrage sportif et quand on sait que de la règle à la loi il n’y a qu’un pas, on comprend mieux ce rôle fondamental de l’arbitre sportif d’être, non seulement, un formateur de jeune pratiquants mais aussi une femme ou un homme qui permet à une jeune de mieux appréhender la vie en société. On voit ici clairement le lien entre sport et société, et le rôle fondamental de celui qui est si souvent l’objet de critiques.

 

L’arbitrage est parfois une vocation, souvent une découverte, mais il est toujours l’école de l’objectivité, de la sérénité et de l’honnêteté. Voici pourquoi un grand nombre d’associations sportives scolaires misent sur la formation d’ arbitres, car il s’agit d’une belle formation du comportement, et aussi de l’athlète qui en comprenant mieux son sport le pratique beaucoup mieux. Il faut absolument encourager l’apprentissage de l’arbitrage sportif, afin de créer un bon réservoir et de ne pas se retrouver en dette d’arbitres lors de compétitions de jeunes (car c’est la plus souvent là que le problème se fait sentir).  Incitons les jeunes filles et les jeunes femmes à s’y mettre car elles sont trop peu nombreuses (25% moyenne européenne approximative).  Le haut niveau du football européen vient de nous donner la preuve de leur expertise !

 

Mettre l’arbitrage sportif en lumière est un fait rare, permettez-moi de vous féliciter pour cette organisation qui mettra à l’honneur ceux qui se doivent de rester discrets (moins on parle d’eux, meilleurs ils sont) mais qui sont indispensables à la pratique sportive afin de créer un climat de respect et de Fair-Play ! »


  • Président de l’AFCAM (Association qui regroupe les 246 000 juges et arbitres du sport français). 
  • Président Fondateur de « International Federation for Sports Officials » (IFSO).
  • Membre de la Commission de l’Entourage des Athlètes du Comité International Olympique.
  • Diplômé en Droits et Sciences Politiques, Patrick Vajda est l’un des spécialistes mondiaux du management des risques sportifs. 
  • Arbitre international et olympique d'escrime à toutes les armes : il a officié sur plus de 200 finales de coupe du monde d’escrime et a été sélectionné pour les Jeux Olympiques de Montréal en 1976, de Moscou en 1980 et de Los Angeles en 1984 et fut délégué technique à l’arbitrage de la F.I. d’escrime pour les JO de Séoul en 1988. 
  • Il reçoit le titre de « Gloire du Sport » en 2009 et fut promu « Chevalier de la Légion d’Honneur » en 2014.